7 septembre

 

 

MARQUÉ

 

Sans être une cicatrice,

C’est une empreinte indélébile :

Tu la portes maintenant dans ton corps,

Elle vient du mien.

 

Sans le savoir, sans le vouloir, sans pouvoir même le soupçonner,

- Tant mes quatre lèvres étaient belles, pleines, saines, hier -

Je t’ai marqué d’irréversibilité.

 

Tu me l’apprends ce matin.

Les corps ont décidé !

 

 

Après mes multiples refus,

Et tes rendez-vous ajournés,

Dans cette nuit de rattrapage de ton anniversaire,

Dans cette plongée,

 Que Tu as voulue et à laquelle j’ai consentie…

 

- Après les tremblements de mes doigts devant le sombre miroir,

 Confondant les agrafes, dépareillant les paires -

 

Finalement…

 Nous avons échangé nos démons et nos vulnérabilités.

 

 « Empathie », disais-tu !

 

J’ai pris un peu de ton aisance, dédramatisant la scène et

 Buvant ton regard - ma ligne de vie - quand tout tangue autour…

 

 Tu as joué au fanfaron, appelant en rescousse des mains fraîches et galantes.

Tu jouissais de me voir si belle,

J’étais ta proie :

Quand on aime, on ne compte pas :

On inviterait volontiers au repas !

 

 De même que le chasseur revenant de l’été, les bartavelles ligotées,

 Passe faussement nonchalant par la grande rue du village,

De même, tu me disposas sur ce lit de scène / estrade molle et carrée / autel,

J’étais la cérémonie…

 

Mes yeux obsédés de Toi ont mis longtemps à remarquer le regard « a-mateur »

Des rares hommes attardés en ce soir de rentrée.

Sur la sellette, à la rivière du lit, comme une statue de rubis au dos droit,

Tu m’agenouillas, cuisses écartées,

Et tu finis de labourer à loisir cette terre étrangère dont tu es l’habitué.

Tu hélas le patron ! J’imposais mon alarme.

 

Je désobéissais un peu,

Je voulais TE plaire, tout en restant Moi…

 

Jeux et décalage,

Rogne et grogne !

 

Puis, de nouveau, j’esquissais un pas de danse pour te séduire et

Requerrais mon string, pièce maîtresse du strip-tease !

Mais ne le voulant que pour toi, je désobéissais encore au code :

Rogne et grogne ! 

 

Mais,

Sourires et Rires aussi…

 

Puis, ce moment, tout de douceur, entre deux passes d’arme :

Assise contre Toi,

Tes grands bras m’ont enlacée d’une profonde tendresse,

Et ta tête s’est nichée au creux de mon épaule, comme celle d’un enfant.

 

 

 

Yves, mon Sable Mouvant,

Mon Abysse de perplexité !

 

 

 

Dans la nuit, de retour en tes bois de Boulogne, cet Yves, si dur, si impérieux dans ses commandements, générait dans son corps la même débâcle qui, quelques semaines auparavant, avait ravagé ma bouche à l’aube angoissée Des Chandelles

 

 

 

 Echange de nature et de fragilité,

 ALLIANCE VIRALE que j’aurais pourtant souhaitée t’épargner.