7 août

 

 

 

 LA DANSE

 

 

 

J’avais trop jeune une forme de beauté

Que seuls des hommes d’expérience pouvaient apprécier.

Leurs regards posés sur moi révulsaient la jeune fille

Qui ne rêvait qu’Angelots blonds et galopins Gavroche

 - Pas ces mains calleuses, ces visages ridés, et cette sueur mâle

Qui imprégnait leurs chemises quand ils m’offraient de danser !

 

Mais j’aime danser.

J’aime les danses de salon qui sont, au sens propre, des danses de couple…

J’appris donc à les maintenir à distance tout en leur offrant la chance d’une première danse.

 

Certaines furent magnifiques.

À Noël encore, ce vieil hongrois,

Redécouvrant pour moi les petits pas du tango argentin,

Et me disant, l’œil brillant d’une nostalgique ardeur : «  J’étais un brigand ! »

 

Oui, la Danse,

Dans le respect des distances et des intimités,

Mêle, le temps d’un voyage acoustique, des êtres

Dont l’accord est, alors, tout d’écoute et de sensibilité.

 

Aérien dans ses déplacements,

Plein d’esprit dans ses passes,

Généreux face au loupé et inventif dans le rattrapage,

Respectueux dans le contact pour mieux assurer, quand il le faut, sa prise :

Il empoigne la belle pour une volte endiablée

-  Les deux voudraient, alors, ne plus en finir -

Puis, délicatement, la repose, émue,

Vaporeuse, souriante, amusée !

 

Tu retrouveras la grâce de l’Amant dans celle du Danseur.

 

Tu sais être un Splendide Amant :

Homme à femme, Lion à crinière, Homme-Chat dominant !

Mes jambes et tout mon être, aiment la danse éperdument :

J’aurais refait valser ta hanche.

Mais je ne peux m’imaginer de nouveau exposée

Aux regards poisseux et gluants

Des hommes-instruments !

 

J’ai mes amis danseurs, je te voulais AIMANT.