31 août

 

 

« SANS NOM »

 

 

 

Je l’ai fait,

 Comme si tu étais là,

 Comme si tu nous voyais.

 

 

Je l’ai fait, pour toi, avec toute la lubricité dont je suis capable.

J’ai acheté ainsi mon retour par le premier train :

Sous le couvert d’un jeu de prostitution simulée,

je fus lascive et experte,

Disposant les miroirs et prenant les poses.

 

Trois heures durant, tel était le contrat,

 Que, dans un pacte délirant, je m’imposais à moi-même,

 Au mépris des interrogations malheureuses

 De l’homme qui n’en demandait pas tant !

 

 je fus :

… Excessive,

 Obsédée par ton regard fictif,

Toute en exhibition et d’une artificielle ardeur,

Puisqu’elle prenait au dehors,

- Dans l’évocation de ton jugement -

La source de son énergie…

 

Ce fut :

Un long tour de force,

Une excitation fausse,

Relançant la mécanique, par esprit de compétition,

Dans la pensée de ton évaluation :

TOUT CE QUE JE HAIS !

 

Ce fut…

 

Tout le contraire de la profondeur de nos embras(s)ements aériens. Quand, de tous mes pores, je te sais par le contact de nos peaux, la massivité de nos chairs, les rythmes de nos muscles.

Corps à corps en duo ! Les yeux grand-ouverts, et pourtant aveuglés par l’évidence intérieure du tutoiement intime. Entés l’un sur l’autre dans la réciprocité des Aimants…

 

 

 

Je l’ai fait, je ne le referai pas, je ne veux plus aimer deux hommes à la fois, je te désire TOI !