30 août

 

 

 

 

DOULOUREUX DÉCALAGE

 

 

 

Pour la première fois : envie de mentir, d’inventer une histoire pour protéger « la nôtre ».

Sentiment douloureux que je n’aurais pas dû accepter d’un autre ce dimanche éclair à la mer.

 

Mais le décalage était trop grand :

Lorsque je te téléphonais - enfant sage - pour te dire que j’avais résisté au retour inopiné du preux Alexandre, tu m’avouais, parmi tes désirs, celui de me voir me donner à lui, et l’observer me prendre, et scruter mon délire.

 

Trop humiliante aussi la répétition de la scène où tu sortis ton portable-à-tout-faire en évoquant une éventuelle escapade en Normandie à moto, puis le rangeais en silence et changeais de sujet. De nouveau, comme pour Anvers et mon anniversaire, le quadrillage de ton calendrier avait vaincu ton désir complice d’évasion.

 

Tu l’as dit et redit :  il n’y a pas de place pour moi dans ta vie, pas de case à remplir, tout est déjà pris… Si ce n’est la case proprement impossible de La dévoreuse d’hommes par la fille au cœur pur.

Tu m’avais d’ailleurs occasionnellement éconduite, refusant l’effort de réenregistrer mon numéro d’appel après ta nuit de routier naufragé et ton intermède chez moi, entre dette et culpabilité.

J’avais été une passade, un personnage excessif et dangereux, « pas fiable »… Ce jugement de mépris, qui m’avait tant blessée, a résonné en moi hier… Je voulais du Soleil, je maudissais ma fatigue et ma pâleur. Elles décidèrent pour moi de répondre à l’appel de la mer.

 

Ironique Inversion :

C’est Toi qui a une compagne ;

C’est Toi qui es incapable de m’offrir une nuit et son matin, ou simplement une longue promenade en site naturel ;

Et c’est moi qui me sens infidèle lorsque j’accepte, quelques heures, et le cœur vide, d’oublier avec un autre ce que toute mon âme rêve d’accomplir avec TOI :

Comme si mon rôle, à jamais, était de t’attendre et de rester là, disponible à l’imprévu de tes désirs, assise sur ce lit trop grand pour moi, dans cette chambre froide, à coté du téléphone à fil qui te rappelle celui de ta mère ; comme si tout mouvement de ma part, ailleurs, t’était volé, et Nous spoliait !

 

 

 

Je suis le trésor et la gardienne d’une relation qui ne tient que par moi

 et dont tu ne veux pas !

J’épuise ma volonté à être à la hauteur d’une idée qu’un jour lointain d’ébriété affective,

 ton génie amoureux hasarda.

 Mais face à laquelle, depuis longtemps, tu abdiquas.

 

 

Dans le train du retour, en face de moi : un couple d’amoureux.

Je les dévore des yeux. J’envie cette chaleur pétillante des regards, cette attirance de tous les gestes, la franche certitude de leur attachement mutuel et ces sursauts d’embrassade spontanés et intermittents.

 

 

Envie de nature, de vie et de sève,

…. De promenades dans les bois ou au bord de la mer,

     …. De soleil au couchant,

           … De ces temps de vie qui se déclinent si gaiement

                                                Au bras de l’homme aimé et aimant …

 

 

 

 

 ADULTÈRE :

Secret et silence,

 Attente et temps vide.

 

 Ne pas être où l’on veut,

 Espérer qui ne vient pas,

 Ne pas goûter qui est là.

 

C’est puéril, disais-tu !

Et comme tu ne l’es pas,

 Nous devons, lun pour l’autre, être autre chose que cela !

 

 L’apprentissage à mon cœur est difficile.

 J’ai l’impression de te perdre,

 de me perdre.

 

 

 

 

 

 

Accord douloureux pour Quatuor

Alexandre aime Sylvie qui aime Yves qui aime La Belle Inconnue - la seule épargnée… avec Yves sans doute (car, rescapé de la vie, Il ne veut voir en tout que BEAUTÉ…)

 

Ma douleur est-elle belle ? Elle est intense.

Serais-je plus heureuse en renonçant à toi ?

Vingt fois, au moins, tout ce que je suis a répondu : Non !

Tiendrais-je donc à toi comme à ma douleur ou à mon bonheur ?

 

Je voudrais avoir les fibres d’une vestale, supporter la pâleur de ma peau et ne me dorer qu’au feu de l’écriture. C’est là que j’existe pour toi, là que tu me retrouves…

 

 

Mais un petit coin de ciel bleu, avant l’hiver, m’est nécessaire.