28 août

 

 

 

 

 

 

INDULGENCES

 

 

 

Sans doute si nous nous étions vus davantage, je t’aurais moins écrit.

Rançon de la solitude, ces pages griffonnées ont comblé mon ennui !

 

Écrire est une attitude :

C’est chercher la sensation et le mot juste.

Comme dans le corps à corps chacun épouse la pose

Pour mieux goûter ce qu’il y a à partager.

 

J’aurais souvent voulu que ton regard, par-dessus mon épaule,

Précise mes mots,

Aiguille mes phrases,

Rectifie aussi ces fautes que je sème à tous vents,

Et qui me feront honte plus tard.

 

« Mes satanées fautes d’orthographe ! » 

 

Elles ont leur sens, sans doute :

Viril(e) plus souvent qu’à son tour au féminin,

Mais fatal qui intervertit les sexes !

Embrasement pour embrassement,

Et ces nombreux verbes où l’infinitif ne figure que conjugué,

Comme pour en conjurer la neutralité que j’exècre.

 

« Mes très chères fautes d’orthographe »,
Ces taches sur le papier,

Aussi nombreuses que mes grains de beauté,

Sont pour toi qui ose les accepter

Les traces de ma singularité !