23 avril

 

 

 

C’est d’une main tremblante que j’ai écrit ce matin les chiffres, comme pour m’en débarrasser

 

05. 05. 05

 

Cette coïncidence symbolique suspendue dans le vide

 

Accomplirais-tu le versant charnel de ta promesse ce jour-là, si, j’avais osé te le demander par pure beauté. Nous ne le saurons jamais… Je garde en moi la morsure du remord que je tâche de soigner du baume de la compréhension.

 

 

EXERCICE DE RELECTURE DU « VIRAGE »

 

 

Après avoir été tenue si éloignée de ta couche (et encore la veille, lorsque fatigué et ému, tu me proposais de faire la route avec toi mais de reprendre un taxi à Boulogne…), je ne pouvais que souffrir lorsque tu m’accordas seulement de passer dans tes bras la nuit qui suivrait notre intrusion dans le club échangiste de la rue Thérèse.

 

Le ton dégagé de ta voix, ton insistance amusée et ce, quelques minutes à peine avant mon intrusion chez le docteur Papa : tout me fragilisa… De là ma torpeur face au nombre dérisoire d’ovules encore fécondables après 42 ans ; de là aussi cette lettre de colère, stupide, ce « Virage » qui jetait au feu tout le beau de mon amour, pour marquer d’un grand coup l’horreur de la femme humiliée :

 

 

« Adjugée, vendue ! »

« Pesée, emballée »
 Circulez ! »

 

 

Mon Amour, ta promesse que co-signa la tétine du hasard, était si belle… Elle me correspondait si bien dans ma capacité à chevaucher au quotidien l’idéale beauté. Comment me résoudre à l’enterrer quand j’ai l’impression de l’avoir, par maladresse, assassinée…