22 avril

 

 

 

DEMANDE D’ENLÈVEMENT

 

 

 

 

Dans la quête de cet autocollant strictement réglementaire, j’aurais eu le plaisir de raconter plusieurs fois, comment, pour mes 41 ans, je souhaitais que tu m’enlèves, TOI que je nommais d’une formule à la fois désuète et magique :

 

« M.O.N. A.M.O.U.R.E.U.X. ! »

 

Ce mot est un sésame fabuleux : il suffit de le prononcer d’un regard franc pour que des sourires complices s’allument sur les visages des contractuelles et policiers aux abords les plus récalcitrants…

 

Le sentiment amoureux dans la naïveté de ses rêves câlins, chacun le comprend, chacun s’émeut - quitte à détourner la tête d’une nostalgie pudique, d’un sanglot ravalé…

 

L’émotion amoureuse est notre rare valeur consensuelle : toute la force du « sacré » mais dans la simplicité empirique de la proximité.

C’est pourquoi le matraquage de la « saint Valentin »  est la pire atteinte publicitaire à la vérité de l’émotivité…

 

 

Viendras-tu m’enlever, toi qui, à contretemps, ne chercher qu’à m’éliminer ?

 

 

En bouclant cet envoi, ma seule certitude est que nous ne sommes pas « frères » !

 C’est dire l’étendue des possibilités …