22 mars

 

 

 

 

UNE TÉTINE IMPROBABLE

 

 

C’est toi, très tôt, à mon bel étonnement, qui m’a proposé de ne me pénétrer qu’après nous être épousés, de sorte que la nuit de nos noces fût aussi celle de « l’enfantement ». La déclaration était belle et puissante : seuls deux fous pouvaient y consentir… Et je t’ai dit OUI

 

Ce vendredi là, quelques heures plus tard, je trouvais devant moi, sur le pavé, comme la confirmation surréaliste de ta promesse : une tétine prolongée d’un doudou en forme d’ourson. Je la tenais serrée entre mes doigts, m’amusant de ce « signe » - cadeau de la rue - quand tu me téléphonas et que, dans le courant d’air froid d’une impasse, tu m’appris comment on NE FINIT JAMAIS une conversation amoureuse par « je te laisse… ». Tu t’étonnais alors que « je ne te demande rien ». Je te confiais ma défiance : « quand on demande, on n’obtient pas ». J’aurais pu ajouter : « Ce qui fut donné spontanément est souvent repris avec la même soudaineté… »