20 août

 

 

AUTOMNALE

 

 

 

Une fois de plus,

- Femmes ! -

Je perds mes cheveux.

 

Ils s’effeuillent en filaments

Et échouent sur mon clavier,

Inertes, imbéciles,

Pétales incongrus

D’une tête que l’ébullition assèche.

 

Sans chimiothérapie,

Sans exposition acide,

-  pas plus que celle de la vie parisienne ! -

Seulement malmenés par l’émotivité

Qui m’accroche et m’écorche

À des hommes impossibles.

 

Me désirerais-tu encore,
Chauve ou clairsemée ?

 

Anti-nature,

Crime de lèse-féminité,

Inique spirale qui renchérit l’épuisement par l’humiliation,

Double peine des littéraires obsessionnelles - têtues !

 

Je revois, sur l’album de mes trente ans, mon épaisse toison :

Mes larges tresses indiennes qui, lorsque je les nouais,

Signifiaient à mes compagnons de voyage le début de l’aventure.

 

Ils sont partis… Cheveux et compagnons.

Ils appartiennent à un autre temps.

Laisser en moi gonfler la peine n’arrangerait rien à ma ramure !

 

C’est la fin de l’été,

Un été sans vacances,

Un été à l’ombre de l’écriture,

Dans cet appartement où le soleil n’entre pas.

 

Juste, un été de plus.