20 avril

 

 

 

 

DOUTE

 

 

 

Au-delà du fait incontournable que tu as élu une autre femme, je crains aussi que ton retrait de moi n’ai été faussement précipité par ta jalousie « maladive » - Mon Amour !

 Ce doute est d’autant plus injuste que je mettrai longtemps avant de regarder à nouveau les hommes sans que ton image, automatiquement, ne les pulvérise !
Je suis viscéralement fidèle : ce n’est pas un choix moral, c’est une impossibilité physique, psychique et esthétique ! Une impuissance sensuelle. Mon érotisme fonctionne dans la fascination : Rien si je ne suis totalement prise, et donc, rien pour un autre dans le même temps !
Mais contrairement à toi, mon temps amoureux se nourrit de tout l’imaginaire et donc, aussi, de l’absence de l’aimé. D’où l’horreur de ce week-end à la mer en compagnie d’un tiers et la furie amoureuse de mes messages qui t’appelaient TOI !

 

[Si j’ai bien compris : ceci nous distingue et te permet de passer d’une femme à l’autre en ayant l’impression de les aimer toutes les deux également (quoique différemment ??), mais dans des temps parallèles qui, jamais, dis-tu, ne se superposent ???]


Comme tous les jaloux, je pressens que tu ne me croiras pas. Tu prendras mes mots comme les indices de trahisons réelles puisque j’éprouve le besoin de te rassurer. Mais ce type de délire, Mon Cœur, se règle avec un psy ! Si quelque chose se satisfait en toi en me croyant infidèle, je n’y suis pour rien… Je conçois toutefois qu’il soit plus facile de me rayer en imaginant que je ne suis pas fiable dans ma manière d’aimer !


 Donc ta brosse à dent verte masquée par mon coton démaquillant a été placée là par moi, certes intentionnellement, mais pour m’épargner de devoir constater, chaque soir et chaque matin, que tu dormais toujours au loin.
 Quant aux messages anglophones qui te perturbent sur mon portable, ils viennent d’une bonne âme qui, devant ma panique à l’idée d’aborder les conférences en anglais, a accepté de m’en envoyer régulièrement dans cette langue. Il faudrait que j’en lise matin et soir – ce que les «  bêtes à concours » pratiquent avec le grec et le latin…


Matin et soir des mots étrangers ! J’aurais préféré tes « modou » familiers… ou ce réveil musical que tu m’offris un jour, par combiné interposé : cette voix féminine à l’accent étrange, chantant en français l’histoire de ce couple étonné du bonheur au quotidien et qui, pourtant, ne « s’était jamais dit qu’ils s’aimeraient toujours, Mon Amour… »