19 juillet

 

 

 LE DILEMME MALHEUREUX

 

 

Serais-tu l’incarnation de ma perpétuelle insatisfaction : ma propension infantile à vouloir toujours être ailleurs quand j’étais quelque part, ce défaut d’adolescente solitaire dont seule la réciprocité amoureuse m’a toujours débarrassée…

 

Le beau de l’amour n’est-il pas de se savoir enfin arrivé(e),

Goûter le bonheur qui irradie, là,

Se sentir à sa place,

Et, comme dit la chanson : « n’avoir plus peur de vieillir ! »

 

Aimer un être toujours absent, et qui professe ne vous aimer pas, est la garantie de n’être jamais dans cette plénitude du vécu.

 

Mais, un Amour Impossible est virtuellement un Amour Eternel… Soustrait à la réalité, il l’est à l’usure et à l’ennui.

Aussi longtemps que tu n’as pas complètement disparu, aussi longtemps qu’il est probable que dans 10 jours, ou un mois, tu surgisses à nouveau pour quelques heures, je tisse ma vie sur l’horizon lointain de la tienne. J’échafaude des plans aussi naïfs que délirants. Je réinvente en pensée la bigamie, avec ses parallèles sans synchronie que tu as déjà expérimentés jadis, à satiété !

Toi aussi craignais-tu l’ennui ?

 

Surtout je m’offre l’élixir entêtant de l’éternel inachèvement :

Une histoire qui n’en finit pas de ne jamais commencer offre l’illusion qu’elle ne peut jamais finir….

 

[J’ai déjà écrit ces mots ; je les mettais alors dans ta bouche : ils exprimaient ton inaptitude à me prendre, à me goûter pleinement…

Mon attachement à toi m’aurait-il transformée à ton image ?

En danseuse, j’ai épousé tes méandres et me suis modelée sur tes impossibilités !

Ai-je été à ce jeu trop bonne élève, ou sont-ce mes démons personnels que ta perpétuelle fuite a réveillés ?]

 

Tu es ma « Précieuse »

Ma Dame à la Tour,

Principiellement inaccessible

Et à jamais interdite,

Tellement désirable à l’ombre des persiennes qui dérobent ton sourire à ma vue…

 

D’ailleurs, comme dans l’amour courtois et, conformément à cette inversion des rôles,

Voici venir, Aux Chandelles, la plus difficile des épreuves ! Mon attachement prendra-t-il la forme d’une docile sujétion ou d’une virile rébellion !

 

 

Il est des formes d’amour qui s’accomplissent dans le refus…

Quand ce qui est demandé par l’aimé défigure celui qui aime, l’amour aussi est bafoué.

J’entends bien : tu ne parles jamais, Toi, « d’amour » et certes, notre rapport est ancré sur une

très forte « érotivité »

 

 

De mon bel amour, mon Amour, tu n’as que faire…

Ton appétit demande autrement pitance !

 

 

 

D.I.L.E.M.M.E.

 

 

Comment ne pas te perdre, en refusant de te suivre ?

 Comment ne pas me détruire en te suivant ?

Comment ne pas déchoir à tes yeux et aux miens en satisfaisant ton désir cannibale ?

 

 Comment aspirer à être encore

 l’Aimée

 la Douce

 la Pure Epousée

 après avoir été saillie par ces ruts

 étrangers

 ?

 

Ce que tu demandes n’est rien moins que la mise à mort de mon rêve !

 

C’est Ton Cadeau d’Anniversaire, celui que j’imagine t’offrir sans savoir encore si

 j’aurai la force de l’accomplir jusqu’au bout.

 

 Ce seul doute devrait te convaincre :

je ne suis pas la femme fatale

que tu veux voir

 en moi !

 

 Je suis une enfant, une enfant amoureuse.

 Seuls les enfants croient à ce point au caractère sacré des Anniversaires…

 

 

 

J’ai une âme de gamine dans un corps de femme féline,

J’aime les masques, les costumes et les soies,

Les trains, les hôtels et l’aventure,

Mes mots peuvent feindre l’expertise glacée de l’érotisme,

Mais mon cœur se serre et mes yeux pleurent au premier soupçon de mépris,

A la première désillusion !

Souviens-toi : « FRAGILE » est mon nom…