17 juillet

 

 

PERDUE

 

 

J’étais fidèle au 5 juillet, à ce rendez-vous que je voulais « sacré » : un phare dans l’absence !

 

Les amants éconduits ont de ces naïvetés : il leur faut des dates comme des bouées en pleine mer, ou ces gîtes d’étapes qui offrent au regard des buts accessibles, pour consoler le voyageur par l’espoir du repos.

 

« Tenir bon jusque là… »

 

Comme si te voir ou te parler ce jour,

- À cette minute autorisée par la fenêtre symbolique -

Eût suffit à étancher ma soif,

Recharger mes batteries,

Apaiser mon cœur…

 

 

Cette journée du 5 juillet était à TOI.

Et je l’ai lapidairement signifié à cet Yves-Marie qu’une providence moqueuse jetait inopinément sur un matelas trop près du mien.

 

Dans une chambre d’infortune improvisée entre les billards de l’hôtel d’Angleterre de Montpellier, j’ai compris, au matin - tant cet homme avait été parfaitement discret et respectueux le soir - ce que pouvait signifier « une nuit de hasard » pour ceux auxquels la vie a offert peu de coups de cœur flamboyants.

 

La proximité de deux corps, la certitude d’être sans témoin et sans futur, tissent, sans conteste, une opportunité…

Mais je suis trop attachée à l’envoûtement amoureux pour brader ma sensualité dans les bras d’une tendresse d’occasion.

 

Toutefois, par gratitude pour cet homme qui aurait volontiers, ce jour-là, pris les caresses que je te destinais, je voudrais reproduire ici les quelques lignes modestes et belles par lesquelles, dans un émail, il s’éclipsa…

Paradoxalement, ces phrases qui devraient à peine s’inscrire dans les marges de « notre » histoire en deviennent la seule réalité* car lui fut une nuit à mes cotés !

 

 

[* Fragilité de l’écriture électronique :

 La sortie papier de ce courriel est dans Ta lettre

 Je n’en ai plus aucune trace  /

 De nous, en revanche, j’ai tout gardé !]

 

Dans la « pierre de l’imprimerie » sera restaurée la hiérarchie.