13 août

 

 

LE CHÊNE ET SON BERCEAU

 

Etre triste à l’idée de perdre quelqu’un,

Pour rien au monde ne le vouloir,

C’est, dis-tu, AIMER… Et,

Dans le même souffle,

Tu avoues ne pas vouloir me perdre :

Quelque chose en nous, de l’un à l’autre, s’est mêlé.

 

Mais, toujours, tu prends soin de tempérer tes plus belles déclarations
De la recommandation de ne pas y croire :

Comme ce soir, après notre première promenade parisienne - Lumineuse -

Notre cache-cache érotique dans les contre-allées du Palais Royal ;

Comme déjà, il y a trois mois, quand tu scotchais, pour me l’offrir,

Dans la boite du CD d’Anna Karina, un « Prendre femme », découpé dans le journal.

 

Tes « modou », comme tes gestes tendres, sont Détachables…

Le mode d’emploi implique de ne pas se méprendre au point d’oublier, ailleurs,

Ton essentiel Attachement !

Tu parles donc de mon amoureux qui surgira,

Et tu crains même qu’il ne m’arrache à Toi :

« Nous verrons », dis-tu…

 

Je pressens, moi, l’Impossible.

Tu es le Grand Chêne à l’ombre duquel rien ne pousse.

Tes mains m’attirent et me prennent avec l’assurance tellurique du créateur sur sa matière,

Ta sensualité épouse la mienne,

Accord des corps, Histoire de corps,

Que je grave en mots dont tu es le Gardien !

 

Ce matin, au téléphone, tu parlais de l’amour à la troisième personne :

À coté de l’amour frontal qui se conjugue dans la complicité du « je-t’aime »

Et te lie à ta compagne,

Il y aurait, inscrit dans toutes les parcelles de nos deux êtres,

Cet amour dont le destin est de nous dépasser l’un l’autre

Puisqu’il ne peut nulle part prendre place.

 

Désir sans cesse renaissant,

Pur désir…

Relation sans attente, sans projection, sans enfants,

Instantané de plaisir, d’émotion, de gratuité érotique…

 

C’est aimer dans l’incandescence que de continuer de désirer quand on ne peut rien espérer.

Les animaux qui vivent dans l’instant

Ont une génétique qui prend soin du futur.

Tu parles avec bonheur de Lou et de Thibaud, ton regard s’illumine !

Tu demandes aussi ce que mon Grand-père serait sans moi…

 

Les enfants peuvent-ils, un jour, naître des mots ?