10 août

 

 

 

 

BORGNE

 

 

 

Et tu débarques au Café Français,

          - de toute urgence -

Pour me remettre une boite vide !

 

Instantanément, je me sens laide.

Je maudis la paresse qui m’a fait renoncer, ce matin, à embellir ma chevelure.

Sur ma chaise, mes jambes en pantalon cherchent, fébriles, la pose la plus avantageuse…

Toujours dans la séduction, la crainte et le trac de te décevoir :

Mauvaise élève…

 

Il y a quelques heures pourtant, au téléphone, tu me disais si bien

Que je ne devais plus avoir peur,

Que cette étrange histoire devait abolir en moi la petite fille humiliée

Par son incapacité à plaire, à lubrifier l’intérieur de son sexe et s’y réjouir.

 

Je suis, dis-tu, « Magnifique » et n’ai plus à attendre d’un autre qu’il me l’apprenne,

Tu l’affirmes, TOI.

Tu es, et veux avoir été, pour moi, cet homme-là !

 

Mais la femme assise seule à la terrasse,

En voyant passer le Seigneur altier

Auquel elle doit renoncer,

Se fissure et se froisse.

 

 

 

 

 

[J’ai rangé les boucles de tricheuse dans le vide de ta boîte borgne.]