24 mars, Orage

 

 

TA COLÈRE
  contre toi-même…

 

 

Tu m’en veux de t’être tant attaché à moi.

D’avoir écorché ta promesse à toi-même d’être enfin, à 50 +1, monogame, spécialement dédié à l’amour d’Une femme.

Mais celle que tu dis aimer et me préférer - puisque tu nous y sacrifie - n’est-elle pas le corrélat de ta propre hantise de l’engagement ? Les quelques mots dont tu l’as décrite en font une femme parfaite et pourtant, depuis 4 ans, tu renonces, dis-tu, malgré ses requêtes et les attentes de ses enfants, à partager leur quotidien : ce quotidien que, par bribes hallucinées, tu as rêvé pour nous : « Ta lingerie dans mes rangements… tu louerais ton appartement… »

 

Comme si dans ta sagesse de mâle, tu craignais la réalité de la présence et la répétition, plus encore celle qui naît de l’accouchement…

 

« Baiseur solitaire mais exigeant et impérieux comme un enfant !

Amateur de femmes exclusivement dédiées à l’activité érotique…

Il fût ravi par notre superbe histoire de cul mais récalcitrant, voire paniqué par la perspective d’une complicité plus profonde, et parce que telle, plus envoûtante aussi… alors qu’il l’avait lui-même initiée. »

 

Tu aimes ta condition d’« homme libre » et – transitoirement – tu as aimé ma chambre comme « un hôtel de Madrid », lieu de passage, sans engagement…

 

Adepte de la complicité au quotidien, je partage pourtant tes craintes… Alors je t’offre ma solution - que tu pratiqueras peut-être avec une autre : je ne conçois comme désirable la famille que dans le cadre d’une grande bâtisse à étages et jardin, offrant à chacun le loisir de s’isoler pour mieux se mêler à l’envi.

L’entassement parisien génère le désir vital d’indépendance.

 

 

 

 

Mon Cher Correspondant,

 

Je ne cherche ni papa de remplacement, ni compte en banque sous forme de pension alimentaire. J’espère un musicien de l’existence, pour partager, dans une distance respectueuse de la créativité, le soin que mérite le trésor de notre affection.