1er juillet

ÉPOUSE ET COURTISANE

 

 

Tu rêvais de me conduire en des lieux où des hommes, devant toi, auraient soulevé ma jupe et m’auraient pénétrée avant que, pour finir, tu me prennes enfin, repassant sur leur trace et mêlant ton plaisir aux leurs pour te sentir sulfureux de leur proximité

 

- peut-être aussi de mon propre consentement au multiple…

 

J’imagine ton regard de tigre fiévreux… gourmand de courtisanes… J’imagine les œillades d’autres femmes et des couples errants…

Je vois la transparence des soies, le jeu du masque par lequel tu m’aurais faussement protégée de ces plaisirs carnassiers.

 

Mais je suis trop sensible à la qualité de mes étreintes pour livrer mon corps aux mains et projets d’inconnus - fussent-ils de superbes mâles…

Je suis trop émue par la puissante beauté de l’érotisme pour vouloir toujours toucher et être touchée avec soins, presque dévotion - ce qui n’exclut pas une violence dans l’étreinte, ni l’invention !

 

Élevée en Princesse, je ne me déchaîne que lorsque je me sens noblement aimée.

Je suis la Promise d’un Roi toujours singulier, Ta Sorcière, si tu veux, Ta soumise si tu t’offres en Maître… Je ne serai jamais une parmi d’autres, pas même la prétendue « favorite » d’une nuit de compensation…

 

Quelque chose enfin en toi le comprit puisque tu vins me prendre, sans masque ni décorum, le plus simplement du monde, dans l’intimité de ma chambre, comme un refuge à tes soucis et pour crever l’abcès du désir :

 

 

sY l V I E S  ou  « Comment s’en débarrasser ? » 

 

 

D’autres feuillets traceront peut-être les quatre temps de cet acte…

Reste qu’au troisième tableau, bercé par mes caresses, tu t’endormis… et qu’à ton réveil, de nouveau, tu voulus mes lèvres pour la douceur du geste, puis, plus encore…

 

Ce fut, pendant cette brève parenthèse, l’échantillon de ce que j’apprécie par excellence dans la  « vraie vie » : ces moments où sexe et tendresse s’arment de concert sans fausse concession.

 

 

 

Du fantasme de la Courtisane… à celui de l’Epouse… les images se brouillent parfois.

Je porte les deux intimement mêlées au plus profond de ma sensualité :

Deux manières différentes et complémentaires d’atteindre l’identique apaisement des sens après le consentement à leur fiévreuse satiété.